Mis à jour le 04/08/2026
Mieux traiter l’ostéoporose dès l’hospitalisation : une filière dédiée à l’UPOG de Cochin
À l’Unité Péri-Opératoire Gériatrique (UPOG) de l’hôpital Cochin – Port-Royal, la coordination entre gériatrie et rhumatologie permet d’améliorer concrètement la prise en charge de l’ostéoporose fracturaire chez les patients âgés hospitalisés pour fracture du membre inférieur.
Un enjeu majeur de santé publique
En France, la fracture de hanche concerne environ 66 000 personnes âgées chaque année, majoritairement des femmes. L’âge moyen au moment de la fracture est de 83 ans chez les femmes et de 80 ans chez les hommes.
Au-delà de l’événement fracturaire, les conséquences sont souvent sévères : perte d’autonomie, entrée en institution, complications médicales, mortalité élevée dans l’année suivant la fracture.
Le risque de nouvelle fracture est également important, en particulier dans les mois qui suivent la première fracture. Il s’agit donc d’un moment clé pour agir.
Une prise en charge encore trop souvent différée
Chez les patients âgés hospitalisés en UPOG, les fractures du col fémoral ou du membre inférieur surviennent le plus souvent après une chute de leur hauteur. Elles doivent donc être considérées comme des fractures de fragilité, traduisant une ostéoporose sous-jacente.
L’enjeu n’est pas seulement de traiter la fracture aiguë, mais aussi de prévenir la récidive fracturaire.
Pourtant, en pratique, le traitement anti-ostéoporotique reste encore trop rarement initié après une fracture de hanche. Une étude française rapportait qu’à un an d’une fracture de l’extrémité supérieure du fémur, seuls 6,85 % des patients avaient reçu ce traitement. Les données internationales vont dans le même sens, avec des taux de traitement souvent faibles, autour de 5 à 20 % selon les études.
Une fois le patient sorti de l’hôpital, l’organisation du traitement devient plus complexe : rééducation, retour à domicile ou orientation en soins médicaux et de réadaptation, multiplicité des intervenants, rendez-vous à programmer. Le traitement est alors trop souvent différé, puis oublié.
Une filière pour traiter au bon moment
Face à ce constat, l’UPOG a structuré, en lien étroit avec le service de rhumatologie, une filière dédiée à l’initiation du traitement anti-ostéoporotique avant la sortie d’hospitalisation.
L’idée est simple : profiter du temps d’hospitalisation en UPOG, en moyenne une semaine à dix jours, pour mettre en place le traitement lorsque les conditions cliniques et biologiques le permettent.
Concrètement, dès l’hospitalisation, un bilan biologique est réalisé. Il comprend notamment le dosage de la vitamine D, la calcémie et l’évaluation de la fonction rénale par la créatinine.
Lorsque le bilan le permet, une perfusion de bisphosphonate, par acide zolédronique, est programmée quelques jours avant la sortie. Cette organisation permet de traiter le patient avant son départ, mais aussi d’assurer une surveillance clinique dans les 48 heures suivant la perfusion.
Pour les patients présentant une insuffisance rénale ou une contre-indication aux bisphosphonates, une évaluation spécialisée est organisée au lit du malade par le rhumatologue, afin de discuter une alternative thérapeutique, notamment le dénosumab lorsque celui-ci est indiqué